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FERRO M. Bally

FERRO M. Bally

Journaliste et critique. Aurais-je pu penser être un jour journaliste et assumer des responsabilités dans une rédaction? L’idée ne m’a jamais effleuré l’esprit. Et comme le hasard n’est pas de ce monde, je réalise aujourd’hui que j’avais en moi, sans le savoir précisément, des prédispositions pour l’écriture et ce métier: j’aimais beaucoup les correspondances et étudiant (1978 -1981), j’étais abonné, au rectorat, à Jeune Afrique et  contribuais à Campus Info.

Durant mon parcours scolaire, en effet, j’ai toujours indiqué, comme métier envisagé, enseignant. Car des professeurs des lycées et collèges m’ont particulièrement marqué depuis ma sixième et fait aimer le métier d’enseignant. Je citerais - et la liste n’est pas exhaustive - frau (pour Mme) Gamet, prof. d’allemand, MM. Bla Yao, mon prof de français en 6è4, Gérard Pesanti, brillant prof. d’histoire-géographie de 4è en 1ère, Sagnet, prof. de Sciences naturelles; et j’en oublie.

Naturellement, j’ai demandé l’Ecole normale supérieure (ENS) sur ma fiche d’orientation. J’y suis orienté à l’obtention de mon Bac A4, en 1978, mais ma joie sera relative car alors que je voulais m’inscrire en allemand, j’ai été orienté en lettres modernes. J’ai donc été, pendant dix ans, prof de collège, à Bouaké, dans deux établissements privés: les collèges Saint Jacques et Victor Hugo. Et c’est dans ce dernier établissement que né, à la faveur du retour au multipartisme, le virus du Printemps de la presse, en 1990, m’a emporté.

Ainsi, j’ai commencé à être correspondant de plusieurs titres dont l’hebdomadaire Jeune Démocrate ou JD. C’est le départ d’une aventure qui s’est poursuivie à la tête du quotidien Tribune Ivoirienne. Car, lassé par l’enseignement, j’ai choisi le journalisme, par effraction. Au Jeune Démocrate où j’ai atterri, les premiers responsables qui m’ont encadré, étaient Lia Jean-Sylvestre (aujourd’hui à Notre Voie), Koré Emmanuel (aujourd’hui au Patriote) et Armand Béhé Depeyla (Soir Info).

J’ai alors commencé à faire mon chemin, en voulant ressembler, pour leur vaste culture et la grande qualité de leur plume, à deux modèles qui sont pour moi des icônes: Jérôme Diégou Bailly et Jean-Pierre Ayé.  Et quand je quittais la rédaction du JD, en 1993, pour un quotidien du soir appelé Bonsoir, j’avais le titre de rédacteur en chef.

Ce journal a, hélas! explosé en plein vol dans une rivalité entre le financier, feu Nady Rayess, et le directeur de publication, Georges Amani. L’équipe de la rédaction, partagée entre les deux protagonistes, s’est scindée en deux. C’est alors que M. Rayess m’a coopté pour diriger, en tant que Directeur de publication, son nouveau quotidien: Soir Info, lancé en 1994.  Après huit ans de bons et loyaux services, le quotidien Fraternité Matin, sous la direction d’Honorat de Yédagne, m’a débauché le 1er septembre 2002.

Ma réticence d’aller dans ce journal pro-gouvernemental, dont la ligne éditorial pouvait changer à tout moment en fonction d’un changement de régime, a été vaincue par le slogan affiché: Ni neutre ni partisan. Et réellement, durant tout le mandat de M. de Yédagne, les pesanteurs politiques n’ont pas pesé sur la rédaction.

J’ai donné le meilleur de moi-même pour gravir les échelons: engagé comme chef de service avec rang de secrétaire général, j’ai été nommé rédacteur en chef et enfin directeur des rédactions adjoint (sous le mandat de J.B. Akrou), à l’effet de seconder mon chef Alfred Dan Moussa.

La politique politicienne que je redoutais tant et qui justifiait mes réserves quand Fraternité Matin me faisait une cour assidue, a fini par avoir raison de moi au lendemain de la chute, le 11 avril 2011, du pouvoir Gbagbo. Le 31 juillet 2012, après neuf ans et onze mois, mon contrat est rompu pour «délit d’opinion». Le 1er juillet 2015, après trois années sabbatiques, j’ai pris la direction de publication du quotidien Tribune Ivoirienne. L’aventure fut de courte durée: j’ai démissionné le 11 avril 2016, pour des raisons autres que la ligne éditoriale.

A l’état civil, je suis FERO Bi Bali Maurice et je signe mes articles FERRO M. Bally. Je suis un homme jaloux de ma liberté d’opinion et de mon indépendance d’esprit. Aussi, suis-je un électron libre, impertinent, sans parti-pris et critique. 

Le président sortant gambien donne du fil à retordre à la CEDEAO, dont il a refusé les observateurs durant la présidentielle, et à la Communauté internationale, c’est-à-dire les Occidentaux. Contrairement à Laurent Gbagbo qui s’était livré pieds et poings liés durant la crise post-électorale, Yahya Jammeh, malgré son isolement sur la scène internationale, a un soutien de taille: la Russie avec qui elle a signé un accord de défense et de coopération militaire. Et la Gambie risque de vivre sa version tropicalisée de la crise syrienne.

Le procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, à La Haye devant la CPI, a été suspendu ce 08 décembre 2016, pour reprendre le 06 février 2017. En onze mois d’audiences, c’est la sixième interruption de séance. Cette première étape de la procédure, les interrogatoires des témoins, montre nettement que le procès, avec une Cour qui joue et veut gagner du temps, pourrait bien durer quatre ans. Sur un total de 137 témoins, seuls 20 ont été entendus, qui trahissent l’extrême fragilité des bases de l’Accusation.

Abou Drahamane Sangaré, leader de la tendance dissidente du FPI, a réussi à manœuvrer, ce 03 décembre 2016, pour enlever à la pétition pour la libération de Laurent Gbagbo toute crédibilité et tout sérieux. Avec des statistiques troublantes qui dépassent tout entendement et une sortie à la hussarde dans un cadre inapproprié, le projet est passé au stade de farce. Sans aucune valeur juridique ou légale, la pétition a perdu sa simple valeur politique.

C’est la chasse à l’homme dans les partis politiques membres du RHDP et dans l’Administration publique ivoirienne, au mépris de la nouvelle Constitution créant la IIIè République. En cause, les législatives du 18 décembre 2016. Tous ceux qui briguent un mandat électif sans la bannière de cette coalition politique au pouvoir subissent les foudres de l’Etat. Sous Ouattara, le slogan du parti-Etat, au doux parfum de l’autocratie, revient au galop: un seul Peuple, un seul Chef, en attendant un seul Parti.

lundi, 05 décembre 2016 16:07

Guerre du cacao: Ouattara joue avec le feu

Alassane Ouattara est mis au pied du mur. Il a fixé à 1.100FCFA le prix minimum garanti aux producteurs pour la campagne 2016-2017 alors que les cours mondiaux du cacao sont en chute libre depuis plusieurs mois. Aussi, dans une mauvaise passe, a-t-il engagé un combat dans lequel ses prédécesseurs, sans aucune exception, y ont laissé des plumes: l’épreuve de force contre les spéculateurs et les multinationales de négoce, pour espérer une remontée.

dimanche, 04 décembre 2016 12:31

Gambie: Yahya Jammeh parle aux Africains

Après vingt deux ans sans partage à la tête de son pays, la Gambie, Yahya Jammeh a perdu l’élection présidentielle du 1er décembre 2016. Sa cinquième tentative ne fut pas la bonne. Parvenu au pouvoir par les armes, il est battu dans les urnes. Mais par son élégance d’un leader converti en démocrate authentique, le modus operandi original du scrutin, le refus des observateurs occidentaux et la célérité dans la proclamation des résultats, il part en laissant un testament politique qui devrait interpeller les leaders et les Etats africains.

La Côte d’Ivoire a établi un record Guiness le 04 décembre 2010; il y a six ans. A l’issue du second tour d’une présidentielle qui a mobilisé les électeurs, le désordre institutionnel s’est emparé du pays. Laurent Gbagbo, président sortant, est investi solennellement au Palais présidentiel devant le Conseil constitutionnel; quand Alassane Ouattara, le challenger, reclus dans un hôtel qui lui servait de QG de campagne et sous protection des Casques bleus de l’ONU, y prêtait serment en privé, devant son porte-parole de campagne. Un pays, deux Présidents. Un original et une photocopie.

Le RHDP est en train de se tirer une balle dans le pied: sur 1.153 candidatures retenues pour les législatives du 18 décembre 2016, 676 issues majoritairement de ses rangs, soit 58.62%, se présentent sans étiquette politique. Les têtes que la coalition fait tomber et les cartons rouges qu’elle distribue au nom de la discipline du groupement politique, condamnent les bannis à suivre leur logique que d’aller grossir le rang de groupes parlementaires corsetés. Et avec la participation des partis dans l’Opposition qui présentent plus de 200 candidats, la première législature de la IIIè République pourrait nous faire oublier la dernière Assemblée nationale monocolore et moutonnière, de triste mémoire.

dimanche, 27 novembre 2016 10:31

Législatives 2016: 20 journalistes en lice

Le journalisme, dit-on souvent, mène à tout. Las de n’utiliser que leurs plumes pour critiquer, les «historiens du présent» veulent de plus en plus participer à la vie de la nation; plus seulement dans les rédactions, mais au Parlement. En étant la voix (e) du peuple ivoirien. Pour les législatives du 18 décembre 2016, vingt journalistes, au nombre desquels Ally Coulibaly, James Cenach et Ouattara Gnonzié, sollicitent le suffrage des électeurs.

En 1999, la tension politique est à son comble en Côte d’Ivoire. Les débats sont pollués par le concept d’Ivoirité (qui a été assimilé à l’exclusion et à la xénophobie) et la nationalité d’Alassane Dramane Ouattara. Après que l’ancien directeur général adjoint du FMI a été nommé, le 1er août, comme président du RDR, la Police judiciaire a ouvert une enquête conclue par un mandat d’arrêt international pour «faux commis dans les documents administratifs, usage de faux, complicité». Le Chef de l’Etat, Henri Konan Bédié, s’en explique dans un discours prononcé en novembre 1999.

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